L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Tumeurs, pesticides et agriculteurs : de nouvelles données françaises.

Communiqué de Générations Futures

 

Tumeurs, pesticides et agriculteurs : de nouvelles données françaises.

Après l’étude de l’Observatoire Régionale de Santé de Poitou Charente (début septembre) qui montrait une « surmortalité significative » des adultes par lymphomes (19 %) dans certains territoires agricoles, voici le rapport du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (rnv3p) qui lui montre une présence importante de tumeurs en lien avec l’exposition aux pesticides dans la profession agricole. D’où cette question que nous nous posons aujourd’hui, mais que font les chercheurs d’AGRICAN ?

Rappel des faits : mi-septembre, les responsables d’Agrican (étude sur le cancer en milieu agricole) communiquaient largement sur le fait que les agriculteurs étaient en meilleure santé et qu’ils mourraient moins de cancers que la population générale. A l’époque, nous dénoncions une communication par trop complaisante et caricaturale de la situation, omettant de focaliser sur des problèmes de santé spécifiques liés aux tâches et exposition (pesticides bien sûr) de ces professionnels.

Dans leur plaquette de com’ (Enquête AGRICAN Juin 2011 – premiers résultats), ils notaient entre autre «

Des tendances à des excès observées pour les mélanomes malins de la peau (augmentation de 1 % chez les hommes et 6 % chez les femmes), » ou encore une mortalité très importante chez les hommes (+ 123 %), par cancer du sein, cancer très rare chez l’homme, esquivant les réelles questions. En effet dans leur tableau, page 17, comparant les cancers entre le milieu agricole et la population générale, on s’aperçoit qu’ils ne listent même pas les cancers les plus fréquents (quelques soient les études) dans le milieu agricole et qui sont en lien avec les pesticides : à savoir tumeurs, lymphome ou encore leucémie alors que ce rapport du RNV3P / ANSES, qui vient de sortir, met en exergue ces pathologies dans le milieu agricole.

Qu’est ce que le RNV3P et que nous montre son nouveau rapport? Depuis 2001, les 32 centres de consultation de pathologie professionnelle (CCPP) de France ont constitué un réseau d'experts médicaux, nommé Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (rnv3p), coordonné par l'Anses. Le but est d'exercer une activité de vigilance sur les principaux risques professionnels, de détecter les maladies professionnelles émergentes et de favoriser la prévention de ces pathologies. Le réseau a publié le 4 octobre son rapport scientifique. Il dresse un bilan des données recueillies depuis sa création. Il est a noté que toutes pathologies et professions confondues, les tumeurs sont parmi les pathologies en relation avec le travail les plus fréquemment signalées, en 5ème position avec 7.6% des signalements et chez les hommes, les familles de pathologies les plus souvent rapportées sont en premier les tumeurs. Ces données sont intéressantes parce qu’on constate ensuite dans le rapport que les responsables « mettent en relief une association entre les tumeurs et le secteur Agriculture et pêche. Dans ce secteur, les tumeurs représentent 12 % des pathologies en relation avec le travail selon le rnv3p, dont les 2/3 (64%) sont associes à une exposition professionnelle aux pesticides. ». De même, le rnv3p met en exergue des phénomènes émergents avec des relations entre des pathologies et des activités ou expositions particulières. Sur le site de l’ANSES on peut lire que les cas de lymphomes et leucémies en milieu agricole font partis de ces phénomènes.

«Ces éléments nous montrent qu’il y a bien lieu de focaliser notre attention sur certaines expositions (pesticides), de certaines populations (utilisateurs) et la survenue de certaines pathologies (certains cancers). Ce qu’Agrican aujourd’hui ne fait pas. » commente François Veillerette, porte parole de Générations Futures. « Nous constatons que ces données ne font que confirmer les éléments que nous collectons depuis des années sur ces risques sanitaires accrus liés à l’exposition aux pesticides. Il est maintenant plus que temps de prendre des mesures de réduction de l’usage des pesticides et de bannir tous ceux suspectés d’être cancérigènes. Il s’agit là d’une question majeure de santé publique.» conclut- il.

François Veillerette : 06 81 64 65 58 in

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