L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Déchets radioactifs « recyclage » dans les biens de grande consommation

Publié par Sylvie Simon sur 20 Novembre 2010, 14:55pm

Catégories : #Nucléaire-Radioactivité

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Les pouvoirs publics veillent sur nous.

 

Le gouvernement britannique vient de présenter ses « sincères regrets et sa profonde sympathie » aux parents des victimes de la thalidomide qui a causé de nombreux dégâts irréversibles, entre 1958 et 1961. On estime à environ douze mille le nombre d’enfants nés avec d’affreuses malformations des yeux, oreilles ou cœurs, et des membres atrophiés ou manquants. La moitié de ces enfants n’ont pas survécu. Plus tard, on a découvert que certains survivants transmettaient leurs handicaps et déformations à leurs propres enfants par le truchement de l'ADN modifié.

Ce poison a été approuvé par toutes les administrations chargées de son agrément qui ont donné l’assurance que ce médicament pouvait être administré « avec une sécurité absolue aux femmes enceintes et aux accouchées, étant sans effets nocifs ni pour la mère ni pour l’enfant ». Il a fallu attendre que se produisent des milliers d’accidents et de morts pour que ce médicament « sans effets nocifs » soit enfin retiré de la circulation. Et il aura fallu 50 ans supplémentaires pour que Mike O'Brien, ministre de la Santé du Royaume-Uni, annonce aux survivants britanniques, qui réclamaient depuis des dizaines d’années au gouvernement d’assumer sa part de responsabilité et touchaient déjà quelques indemnités du fabricant de ce poison, qu’ils recevront un dédommagement annuel supplémentaire de la part des fabricants. Il est évident que ces délais ont permis d’économiser le dédommagement des victimes décédées depuis ces années perdues.

Ce tératogène  est à nouveau utilisé de nos jours comme médicament orphelin dans le traitement de la lèpre et du lupus érythémateux disséminé. On le considère comme étant intéressant dans la cachexie du patient cancéreux du fait de son action anticytokine et anti TNF alpha, ce dernier étant anorexigène, ce qui prouve bien que les fabricants ne baisent jamais les bras. Mais soyons rassuré, en France sa prescription est limitée à un mois chez les femmes pouvant procréer.

Au fil des ans, dans tous les pays, les catastrophes sanitaires connaissent les mêmes phases de déroulement. L’industrie nous abreuve d’informations venant de scientifiques corrompus qui produisent des contre-expertises truquées et, alors que les rapports de maladies et de décès se multiplient, nos gouvernants persistent à se référer aux expertises sécurisantes, à nier toute relation entre le produit et ses effets délétères, et interdit aux scientifiques contestataires de s’exprimer en public, n’hésitant pas à discréditer leurs travaux.

Ces drames n’ont pas servi de leçon à ceux qui ont permis la propagation de l’amiante, ni des PCB qui se sont progressivement accumulés dans les sols à cause de leur très lente décomposition, ni des hormones dans l’élevage ou des produits chimiques dans l’agriculture,  pas plus que le scandale de l’Arc, nié par plus de six cents médecins et chercheurs qui ont mis en avant leur position « scientifique » pour prendre partie en faveur de l’association, malgré les avertissements réitérés de l’Igass. 

Ce processus s’est renouvelé pour le sang contaminé — transfusé jusqu’à l’épuisement des stocks —, l’hormone de croissance humaine dont les responsables de la mort de 117 jeunes traités dans les années 1980 ont bénéficié d’une relaxe générale, le Vioxx — considéré comme le médicament le plus « performant » de l’année mais qui a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes avant son retrait —, les antibiotiques administrés sans discernement pendant des lustres et qui ont ainsi perdu leur efficacité.

Nous pouvons ajouter à la liste les « tueurs potentiels toujours en liberté » comme les dioxines, hautement cancérogènes et principalement produites dans les incinérateurs des usines de retraitement de déchets, les œstrogènes que l’on trouve en fortes concentrations dans les rivières et qui provoquent une diminution draconienne des fonctions reproductrices chez les poissons mâles, les OGM cultivés en plein champ, au regret de 74 % des Français, les nombreuses antennes relais de téléphonie mobile et le déploiement de réseaux Wi-Fi pour l'Internet sans fil à travers la France, alors qu'aucune étude sérieuse sur leur impact sanitaire n'a été effectuée et qu’il ne sera pas possible de détecter leurs effets délétères avant plusieurs années.  

Et voilà qu’en mai 2009, les ministères de l’Écologie, de la Santé, de l’Économie et du Logement ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à l’interdiction du « recyclage » des déchets radioactifs issus de l’industrie nucléaire dans les biens de grande consommation, et de matériaux de construction. Le texte est entré en vigueur malgré l’avis défavorable de l’Autorité de sûreté nucléaire. Du ciment radioactif pourra ainsi servir demain à bâtir des logements ou des écoles. L’histoire de l’amiante recommence.

Qui est ou sera responsable des accidents ? Personne évidemment. Parfois, certains fabricants sont mis en examen, mais ils s’en tirent toujours à leur grand avantage et, surtout, aucun des responsables de la santé publique qui laissent faire sans jamais intervenir n’ont été inquiétés, alors qu’ils sont tous grandement complices de la désinformation et des mensonges propagés par les fabricants et les medias.

Il ne nous reste plus qu’à espérer que le grand public va enfin cesser d’écouter les nombreux experts, juge et partie, qui sont à la solde d’une industrie aussi aveugle que criminelle et sortira de son autisme avant que de nouvelles catastrophes ne se manifestent comme c’est devenu une habitude dans notre pays.

 

Tous ces scandales ont de nombreux points communs et une même origine : l’appât du gain au détriment de la santé. Cependant, après chaque scandale, d’éminents « spécialistes » nantis de l’absolution générale nous expliquent avec des trémolos dans la voix que les décisions incriminées étaient justifiées par les « données actuelles de la science », d’autant qu’à présent, à la notion de « responsable mais pas coupable »  s’est ajoutée celle de « coupable mais pas condamnable ».

De toute manière, tant que les rares responsables condamnés ne le seront qu’à des amendes, si importantes soient-elles, ils récidiveront car le risque est loin d’égaler le bénéfice. Le seul moyen de les empêcher de nuire est de les emprisonner avec des condamnés de droit commun, comme toute personne ayant commis un crime.

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