L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Nucléaire : Il n'y a pas 150 solutions, il y a le nucléaire

Publié par Sylvie Simon sur 4 Avril 2011, 16:53pm

Catégories : #Nucléaire-Radioactivité

5150909666_4ecf4e9968.jpg« Nous avons pris des engagements de réduction des gaz à effet de serre, pour les remplir il n'y a pas 150 solutions, il y a le nucléaire », a déclaré péremptoirement Nicolas Sarkozy dans un message à destination des écologistes français partisans de son arrêt.

Le seul bémol ajouté à son discours est « un indispensable renforcement de sa sécurité », tout en vantant le « niveau de sûreté maximal » des réacteurs français EPR. Il est permis de se demander comment on peut renforcer un « niveau maximal ». Comme le dirait Coluche, « plus blanc que blanc, c’est quoi ? » à moins que le « renforcement de la sécurité » ne concerne pas, à ses yeux, le nucléaire français.

Or, nombre d’observateurs savent que notre parc nucléaire a de nombreuses faiblesses et que nous avons souvent frôlé des catastrophes. Cette déclaration intervient alors que l'Autorité de sûreté nucléaire étudie l'hypothèse d'un éventuel moratoire sur l'EPR en construction à Flamanville.

Elle intervient également au moment où aurait dû avoir lieu le procès du Pr Pierre Pellerin, l'ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI), qui a été mis en examen en 2006 pour « tromperie aggravée ».

à la tête de l'autorité de protection du nucléaire, il avait diffusé plusieurs communiqués rassurants, affirmant notamment que « l'élévation relative de la radioactivité » en France était « très largement inférieure aux limites réglementaires » et avait minimisé les risques encourus, alors que les pays voisins avaient tous dénoncé la radioactivité sur l'Hexagone au moment du passage du nuage de Tchernobyl au printemps 1986.

Alors que la juge chargée de l'enquête, Marie-Odile Bertella-Geffroy, a été priée de suspendre ses investigations, le Pr Pellerin a demandé un non-lieu, soutenu par le parquet général qui requiert également la fin de l'enquête car il estime qu'aucune conséquence sur la santé n'a pu être prouvée.

Pour le parquet général, les analyses scientifiques s'accordent pour établir que la catastrophe nucléaire n'a pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France, en particulier aucun lien n'a été fait avec des maladies de la thyroïde.

Nous sommes habitués à ce genre de déclarations dans le domaine de la santé, où, peu à peu, les mensonges qui se succèdent sont enfin découverts.

La chambre de l'instruction, qui a examiné l'affaire à huis clos, a mis sa décision en délibéré au 7 septembre.

3468517675_9767a83169.jpg« Nous ne demandons pas d'indemnité mais la reconnaissance qu'il y a pu y avoir des victimes. à l'époque, on nous a dit qu'il ne se passait rien, c'était plus que de la désinformation, c'était du mensonge », a déclaré Muriel Pezot, atteinte d'un cancer de la thyroïde décelé en 1999.

« L'État a commis des erreurs, nous voulons qu'il les reconnaissent », a réclamé Catherine Souty, plaignante et membre de l'Association française des malades de la thyroïde qui étaient rassemblées à proximité du Palais de justice pour protester contre une possible fin de l'enquête avec un non-lieu. « Mon optimisme n'est pas très grand » sur la poursuite de l'enquête, a déploré Me Bernard Fau, avocat de l'Association, qui a ajouté : « Une interruption de l'enquête serait regrettable pour les victimes mais au-delà pour l'ensemble du corps social et pourrait être ressentie, je le crains, comme une trahison de l'autorité judiciaire ». 

Il est évident que ces considérations nous empêchent d’espérer que notre « gouvernance » puisse accepter d’abandonner le nucléaire au profit d’autres énergies et consacrer notre argent à aider des chercheurs qui travaillent dans l’ombre, avec des moyens très modestes, sur des énergies renouvelables qui existent déjà mais restent méconnues.

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