L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Nouvelle condamnation GlaxoSmithKline

Publié par Sylvie Simon sur 14 Janvier 2012, 15:37pm

Catégories : #Société - Corruption - Dérives- Scandales Sanitaires

2598347399_3d4c2e5a61.jpgLe 3 janvier 2011, le Washington Post nous prévenait que GlaxoSmithKline, le troisième groupe pharmaceutique mondial, avait été condamné par le juge argentin Marcelo Aguinsky à payer une amende de 400 000 pesos, soit environ 93 000 $, pour avoir mené, entre 2007 et 2008, des essais illégaux de vaccins qui ont causé la mort de 14 bébés en Argentine.

Les laboratoires ne peuvent conduire ce genre d’expérience en Europe ou aux États-Unis, aussi le font-ils dans les pays du tiers-monde.

En Argentine, 15 000 enfants de moins d’un an recrutées dans des hôpitaux publics et issus de familles pauvres ont servi de cobayes au laboratoire pour 5 essais cliniques dans plusieurs provinces. On sait que sur les 14 décès, 7 bébés sont morts à Santiago del Estero, 5 a Mendoza, et 2 a San Juan, mais on ignore encore si ce chiffre est définitif car le nombre officiel de décès continue d'augmenter. On ne sait pas davantage combien de bébés ont souffert de graves effets secondaires et il sera difficile d’en prendre connaissance.

En outre, le juge estime que la multinationale n’a pas respecté le consentement réel des parents. En effet, lorsque GSK a commencé à recruter ces bébés pour ses essais sur les humains du vaccin contre la bactérie du pneumocoque, Ana Marchese, pédiatre à l'hôpital public pour enfants Eva Peron, à Santiago del Estero, a déclaré que non seulement GSK forçait les parents analphabètes ou des gens qui n’avaient pas la garde des enfants à signer des formulaires de 28 pages de consentement pour ces expériences, mais qu’ils avaient aussi « recruté » plusieurs médecins travaillant a l'hôpital afin de défendre leur cause.

5193215539_025cfa1328.jpgÀ son tour, Julieta Ovejero, grand-tante de l’un des bébés décédés a rapporté que de nombreux parents souhaitaient arrêter les essais mais qu’ils furent alors menacés de ne plus jamais avoir le droit de faire vacciner leur enfant s’ils se retiraient.

Les études ont été terminées en 2011 et le vaccin est à présent vendu dans 80 pays,  a précisé la compagnie.

Évidemment, en accord avec les services de santé d’Argentine, GSK a réfuté la condamnation du juge Aguinsky. Quant à ANMAT, qui correspond à notre Afssaps à bien des points de vue, cette agence prétend qu’il ne peut pas y avoir de liens entre les décès des enfants et le vaccin testé car « tous les cobayes ont reçu un placebo, c’est-à-dire un produit qui ressemblait au vaccin mais qui était dépourvu d’ingrédients actifs. Le vaccin est sûr. »

Ainsi, nous apprenons que les essais des laboratoires se font avec des placebos. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait autant d’accidents car les vaccins injectés ne sont hélas pas des placebos.

Quant à la compagnie pharmaceutique, elle a déclaré : « Les médecins impliqués dans l’étude, les enquêteurs, les autorités de santé et un comité d’experts indépendants internationaux ont analysé chaque décès et démontré qu’aucun de ces décès ne pouvait être attribué au vaccin ». Ce discours est le même que celui que nous entendons quotidiennement en France, en Belgique et ailleurs.

 

178Cependant, ces pratiques honteuses ne gênent pas les pays que l’on considère comme très « évolués ». Ainsi, la France a accueilli sans aucun état d’âme le laboratoire britannique GSK, qui n’en est pas à son coup de maître avec ces essais, mais qui a investi 600 millions d’euros depuis 2006 dans son usine de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, afin d’y produire à terme 300 millions de vaccins par an.


Le Figaro du 16 décembre 2011 nous apprenait que « ce site de 25 000 m2, sept bâtiments installés sur une surface de 17 hectares, “est critique et stratégique” pour le groupe qui entend répondre à une demande de vaccins “en très forte croissance” dans le monde », d’après Christophe Weber, président de GSK Biologicals, la division vaccins de GSK.

C’est ainsi que l’usine de Saint-Amand, située près du siège mondial de l’activité vaccins de GSK en Belgique, est devenue le premier site de fabrication et de conditionnement du numéro un mondial des vaccins qui détient près de 29 % de part du marché.

C’est la première fois qu’un laboratoire étranger s’installe en France. GSK Biologicals, qui produit 30 vaccins différents, soit 1,4 milliard de doses par an commercialisées dans 125 pays, a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, exclusivement avec les vaccins. Ce qui n’empêche pas les laboratoires de prétendre que les « vaccins sont un secteur peu porteur ».

La France représente la troisième base en Europe de GSK, derrière la Belgique et, surtout, la Grande-Bretagne où se trouve son siège social. Inversement, le cinquième laboratoire mondial par la capitalisation boursière est le premier groupe pharmaceutique étranger dans l’hexagone en termes d’emplois, d’investissement industriel et de recherche et développement.

Les mesures prises par le gouvernement pour renforcer l’attractivité de l’hexagone dans le domaine pharmaceutique pèsent évidemment sur ce choix d’investir lourdement en France a fait remarquer Le Figaro. En 2009 et 2010, GSK avait supprimé près de 1 000 emplois à Évreux dans l’Eure, mais l’usine compte déjà 600 salariés et d’ici deux à trois ans, elle emploiera au moins 800 personnes et pourra fournir 300 millions de doses de vaccins par an.

Il ne restera plus qu’à les vendre, et pour cela nous n’avons pas de crainte à avoir : nos gouvernants sont de remarquables représentants de ce commerce.

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