L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Le Viagra peut vous envoyer au ciel

Publié par Sylvie Simon sur 27 Novembre 2010, 13:36pm

Catégories : #Produits à risques - contestés - retirés

 

viagra.jpgLe journal Chemistry World signalait en juillet 2010 que la FDA a « tapé sur les doigts » de Pfizer pour ne pas avoir rapporté les effets secondaires de certains de leurs médicaments bien connus, tel le Viagra®. Dans une lettre adressée en mai au directeur de la firme, la FDA a insisté sur les retards de rapports de ces effets, dont certains datent de 2004. La FDA estime que Pfizer a eu de nombreuses opportunités d’y remédier, mais ce dernier a porté le blâme sur des « erreurs dues au manque de formation du personnel lorsqu’il utilise un nouveau système d’ordinateur. »
De qui se moque-t-on en affirmant de telles absurdités ?

brand viagraA ce sujet, il faut revenir en arrière.

Aux États-Unis, en 1998, après huit mois de prescription, on comptait des centaines de rapports d’effets secondaires graves et le décès de cent trente hommes. En France, l’Agence du médicament annonçait en janvier 1999 qu’au cours des trois premiers mois de la mise sur le marché du médicament dans notre pays, on avait déjà constaté dix décès. Mais, sept de ces décès étaient survenus chez des hommes ayant des antécédents et des facteurs de risques cardio-vasculaires, et deux autres chez des patients qui avaient pris ce traitement contre l’avis de leurs médecins, soulignait l’Agence du médicament qui concluait : « Ces données ne remettent pas en cause la sécurité d’emploi du médicament ». Existerait-il des médicaments sans « sécurité d’emploi » ?

Le Courrier international du 4 février 1999 nous expliquait : « La FDA n’a pas réuni le panel d’experts indépendants pour juger de l’opportunité d’homologuer le produit et pour en rédiger la notice d’utilisation destinée aux médecins ». On pourrait évidemment se demander la raison de cette hâte, mais le même journal nous prévenait que durant les essais et les débats sur le produit : « L’argent de l’industrie pharmaceutique a coulé à flots dans les coffres des campagnes électorales des parlementaires : 8,3 millions de dollars […] ce laboratoire est le plus gros donateur de l’industrie pharmaceutique. C’est dans ce contexte que le 25 novembre 1997, la FDA décide de se passer d’un panel de spécialistes cardiaques et rénaux. Le 27 mars 1998, le Viagra® est approuvé par l’agence. »

Il est certain que cette autorisation de mise sur le marché est plus que suspecte.Toutefois, les actionnaires de Pfizer ne se sont pas posé ce genre de question et se sont réjouis car, en un an, le cours de l’action est passé de 41 à 119 dollars. 

Après avoir reçu des rapports sur seize cas de personnes ayant pris du Viagra® chez lesquelles la mort s’est ensuivie, la FDA — qui estime que seulement de 1 à 10 % des réactions secondaires lui sont signalées — a précisé : « Ces rapports ne changent pas les vues de la FDA sur la sûreté du médicament  ». On se demande combien il faut d’accidents pour que cette « sûreté » soit mise en doute. Mais le laboratoire a bien dégagé sa responsabilité en signalant sur les boîtes que ce médicament peut provoquer de très graves effets secondaires, ce qui ne décourage guère les utilisateurs.

Et nous retrouvons, dans ce cas, la fuite de responsabilité qui persiste à se manifester. La FDA a été prévenue, que ce soit par Pfizer ou d’autres, mais blâme le seul laboratoire. Elle n’est en rien responsable et, sûrement pas coupable. Dans ce cas, a quoi sert-elle ? 

 

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