L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


La Cour des Comptes et la Santé

Publié par Sylvie Simon sur 5 Avril 2013, 10:12am

Catégories : #Société - Corruption - Dérives- Scandales Sanitaires

securedownload--1-.j.jpgLa Cour des Comptes et la Santé
 
Dans son nouveau rapport annuel de l’année 2013, la Cour des comptes estime que le gouvernement, incapable de ramener le déficit public à 3 % du PIB comme il a  promis de le faire, doit donner en 2013 la « priorité absolue » à de nouvelles économies.
Mais notre gouvernement préfère augmenter les taxes et impôts qui pèsent sur les citoyens, plutôt que faire de économies sur ses dépenses inconsidérées mais auxquelles il refuse de toucher.
Ainsi, la mise en place du médecin traitant afin de diversifier la rémunération des médecins a surtout bénéficié aux spécialistes tandis que le système s'avère compliqué pour les assurés.
 
Pour les médecins, le système a engendré de curieux paradoxes. Alors que les généralistes étaient censés être la clé de voûte de la nouvelle organisation et n’ont bénéficié que d'un forfait sur les patients suivis en affection de longue durée (ALD), les spécialistes en ont davantage bénéficié recevant « des rémunérations complémentaires non négligeables ».
Alors que 95 % des médecins traitants sont des généralistes, l'effort financier annuel de l'assurance maladie se répartit à 54,5 % pour les spécialistes (324 millions d'euros) et à 45,5 % pour les généralistes (271 millions d'euros).
Le journal Les Échos note que les malades qui consultent directement un praticien sont lourdement pénalisés, « la part de la dépense laissée à leur charge par l'Assurance-maladie passant à 70 %, au lieu de 30 %. » Et le journal, précise que « cette réforme a eu un coût : les revalorisations tarifaires qui ont accompagné la mise en place du médecin traitant coûtent 600 millions d'euros par an à la Sécurité sociale. Les suppléments de rémunération accordés aux médecins n'ont pas été évalués de façon rigoureuse ». Et la Cour des comptes ajoute que les « économies attendues de l'optimisation des soins médicaux n'ont jamais donné lieu à évaluation » et  remarque que « les expérimentations visant à une prise en charge des patients chaînée et coordonnée entre les divers acteurs du système de soins se sont certes multipliées, mais dans le plus grand désordre et en ne faisant que peu appel au médecin traitant ».
Pour sa part, Didier Migaud, premier président de la Cour, estime que « la réforme est restée purement administrative, sans apporter la meilleure coordination des soins qui était son ambition » et demande que le médecin traitant soit réaffirmé comme le coordinateur des soins de ses patients.
À son tour, Le Figaro a commenté lui aussi ce rapport et son « florilège des grands gaspillages d’argent public »,  évoquant entre autres le parcours de soins, qui « coûte cher au patient ». Il évoque des « surcoûts non négligeables », et s’étonne que l’assuré paie également plus cher, s’il obéit à la règle. « Les spécialistes chez qui l’envoie son généraliste perçoivent en effet des majorations d’honoraires pour participer au parcours de soins ».

Enfin, pour Le Monde : « le contenu médical du dispositif a été négligé », et l’intérêt économique l’a emporté sur l’intérêt médical. [...] Les bons scores d’adhésion s’expliquent pour beaucoup par la peur des pénalités, de plus en plus élevées, fixées pour dissuader d’aller consulter un spécialiste sans passer par le médecin traitant ».

En résumé, la mise en place de cette réforme est malheureusement restée inaboutie, comme bien d’autres, et les préoccupations de l'assurance-maladie et des syndicats de médecins libéraux « ont largement pris le pas sur le contenu médical du dispositif ». Et cette réforme a coûté 600 millions d'euros par an à la Sécurité sociale.
Si 90 % des patients ont choisi un médecin référant, c’est surtout pour éviter de devoir payer davantage et pour permettre au médecin référant de coordonner des soins, mais le fameux dossier médical dont devrait bénéficier le patient et qui a coûté des millions d’euros a dû être oublié quelque part. Le seul bénéfice de cette réforme est le fait que les patients sont allés moins facilement voir un médecin spécialiste de manière répétitive, bien que l’on n’ait pas observé dans les comptes de l’assurance maladie une baisse sensible des consultations auprès du spécialiste.
Le seul moyen vraiment efficace serait de cesser toute publicité dans les médias, vantant les effets miraculeux de certains médicaments contre des bobos sans aucune gravité, et qui laissent croire que tout problème a pour solution une pilule miracle sans aucun effet secondaire. Car si l’on consomme autant de médicaments, c’est bien à cause du lavage de cerveau induit par la publicité des laboratoires et rarement pour de véritables pathologies qui méritent des soins spéciaux. Et, comme le disait si bien Coluche, « si on ne consommait pas, on ne fabriquerait pas », et notre Sécurité sociale serait loin d’être en déficit.
 

Sylvie Simon

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