L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Gaz de Schiste : La fracturation hydraulique propre n’est qu’un mythe

Publié par Sylvie Simon sur 19 Avril 2011, 14:41pm

Catégories : #Gaz et Pétrole de Schiste

securedownload-copie-3Le 11 avril 2011, confrontés aux nombreuses manifestations contre les gaz de schiste, les pétroliers ont envoyé une lettre ouverte aux députés pour dénoncer la « vaste imposture » du film GasLand, « truffé de mensonges et de contre-vérités ».

Le terme de fracturation hydraulique leur parait impropre car « les produits chimiques (597 au total) cancérigènes dont se gausse Josh Fox sont abandonnés depuis quelques années au profit de produits issus de l’industrie agroalimentaire, tels des dérivés de l’agar-agar utilisés pour gélifier ice-creams et confitures. De toute façon, ils étaient utilisés en quantités infinitésimales ne dépassant pas 0,5 % du volume injecté ».

D’abord on se demande comment on peut fracturer de la roche avec un produit gélifiant, ensuite les doses « infinitésimales », en supposant qu’elles le soient vraiment, ont trop souvent prouvé leur dangerosité.

000136172 5Après avoir comparé ces projets avec les recherches concernant les hydrocarbures conventionnels qui n’ont pas « contaminé les nappes phréatiques », ni  « défiguré le paysage avec des tours de forages », ils ont précisé que « le Texas, avec ses 2 500 000 forages et ses 30 000 forages annuels, est une destination appréciée des Français. »

En réponse à ce bla-bla-bla destiné à des enfants de 5 ans, il faut espérer que nos députés n’auront pas oublié quelques vérités plus scientifiques et sérieuses.

Pour fracturer ces roches imperméables, les foreurs descendent leur trépan à grande profondeur (entre 3 et 4 km) et réalisent ensuite un forage horizontal. Ils injectent ensuite non seulement des quantités d’eau considérables (entre 54 000 et 174 000 mètres cubes par forage), sous haute pression (plusieurs centaines de bars), avec du sable (pour maintenir ouvertes les fracturations), mais aussi avec des additifs chimiques qui n’ont rien à voir avec l’agar-agar. Il s’agit, entre autres, de benzène, toluène, xylène et éthylbenzène, connus sous le sigle BTEX (réputé pour ses effets nocifs sur le système nerveux central), d’acide chlorhydrique, glutaraldéhyde, persulfate d'ammonium, diméthylformamide, gazole, polyacrylamide, chlorure de potassium (utilisé lors des exécutions de condamnés à mort aux États-Unis), éthylène glycol (dont l’ingestion nécessite des soins médicaux urgents), alcool d'isopropyle. Entre 9 % et 35 % de ces fluides sont récupérés, le reste demeure sous terre et pollue les nappes phréatiques.

Parmi tous les produits utilisés, 17 sont classés toxiques pour l’environnement aquatique, 38 sont toxiques pour l’homme, 8 sont des cancérigènes avérés (groupe 1 du CIRC comme le benzène), 6 sont possiblement cancérigènes, 7 sont classés mutagènes et 5 ont des effets néfastes sur le système reproducteur. Les exemples de contamination des nappes phréatiques américaines ne manquent pas, soit par du benzène (comté de Garfield, Colorado), du méthane (Dimock, McNett, Foster, Pennsylvanie) ou d’autres produits chimiques (comté de Fremont, Wyoming). Les compagnies ont également utilisé des produits dont elles ont refusé de révéler la composition exacte sous le prétexte du secret de fabrication. Il est certain que s’il s’agissait d’agar-agar, elles n’évoqueraient pas le « secret de fabrication ».

2601669781_91fc8cd385.jpgEn outre, notre gouvernement ne cesse de parler de diminuer les émissions de CO2, alors que durant la mise en production (soit de 500 et 1 500 jours) entre 4 315 et 6 590 de poids lourds se succèderaient pour apporter de l’eau, du sable, du carburant, des additifs, ce qui accroîtrait de 3 à 11 parties par millions en volume (ppmv) la concentration de CO2 de l’atmosphère. On franchirait ainsi allégrement la barre des 400 ppm, au-delà de laquelle les climatologues craignent l’emballement du système climatique. En effet, une nouvelle méthode d’analyse des sédiments publiée par Stuart Wolpert, d’UCLA, le 8 octobre 2009 a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. À l’époque du Miocene, l’atmosphère contenait 400 ppm de CO2 et les températures étaient alors supérieures de 3 à 6°C par rapport à aujourd’hui. Quant au niveau des mers, il était de 25 à 40 mètres supérieur. Cette nouvelle étude apporte ainsi la preuve du fort couplage entre niveau de CO2 et climat.

 Nous sommes donc bien loin des affirmations des pétroliers, et leur document prouve bien qu’ils sont prêts à affirmer n’importe quoi, sans aucune base scientifique, pour satisfaire leur appât du gain au détriment de la planète.

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