L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Davantage de cancers de l'ovaire après une fécondation in vitro

Publié par Sylvie Simon sur 25 Janvier 2012, 08:42am

Catégories : #Cancer- Hépatite- Polio- Tuberculose

5591341789_53dc444ce0.jpgDans les pays occidentaux, environ 1,2 à 2,3 % des nouveau-nés sont conçus grâce au recours des techniques de l'assistance médicale à la procréation (AMP). Or, les traitements de la FIV (fécondation in vitro) sont susceptibles d'augmenter le risque de certains cancers et notamment celui du cancer de l'ovaire. Cependant, les résultats des études sont controversés en ce qui concerne l'augmentation du risque de cancer de l'ovaire chez les femmes ayant eu recours aux traitements utilisés dans le cadre de la FIV. Dans la plupart des travaux, les conclusions souffrent de certaines limites, entre autres à cause d'une durée insuffisante de suivi et de l'absence de contrôle des différents facteurs importants de confusion tels que les causes d'infertilité et la parité.

Dans ce contexte, une large étude d'une cohorte historique à l'échelle nationale a été effectuée aux Pays Bas afin d'évaluer le risque à long terme des cancers ovariens (cancers invasifs et tumeurs « borderline » de l'ovaire) chez les femmes ayant eu recours à la FIV par rapport aux femmes « subfertiles » et à la population générale.

3820994823_584dcc2d83.jpgAu total, 19 146 femmes ayant reçu des traitements dans le cadre d'une FIV au Pays Bas entre 1983 et 1995, et 6 006 femmes « subfertiles » (groupe contrôle) non traitées par FIV, ont été identifiées. Entre 1997 et 1999, les données sur les facteurs de risque concernant la reproduction ont été collectées pour 65 % des patientes grâce à un questionnaire qu'elles ont rempli elles-mêmes et les données sur les causes et les traitements de subfertilité ont été obtenues par les dossiers médicaux. L'incidence des cancers ovariens et tumeurs borderline de l'ovaire, pour l'année 2007 a été établie à partir des registres de la maladie.

 

La durée de suivi était légèrement plus longue pour le groupe des femmes « subfertiles » que pour le groupe FIV (médiane de 16,4 vs 14,3 ans) et les femmes « subfertiles » étaient plus âgées à la fin de la période de suivi (49,4 vs 47,5 ans).

Au total, 77 tumeurs de l'ovaire ont été identifiées dans toute la cohorte (rapport d'incidence standardisé [SIR] = 1,43 ; intervalle de confiance à 95 % [IC à 95 %] : 1,12-1,78) dont 42 cancers invasifs et 35 tumeurs borderline.

Parmi ces tumeurs, 61 concernaient le groupe « FIV » (SIR = 1,59 ; IC à 95 % : 1,21-2,04) et 16 le groupe « subfertiles » dans FIV (SIR = 1,02 ; IC à 95 % : 0,59-1,66).

Par rapport à la population générale, le risque des tumeurs borderline de l'ovaire est apparu plus important dans le groupe FIV après une période de suivi en médiane de 14,7 ans (SIR = 1,76 ; IC à 95 % : 1,16-2,56). Le SIR total pour le cancer ovarien invasif n'était pas significativement plus élevé, mais le risque augmentait avec un suivi plus long après la première FIV (p=0,02) : ainsi le SIR était de 3,54 après 15 ans de suivi (IC à 95 % : 1,62-6,72).

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Par rapport au groupe des femmes « subfertiles », les risques des tumeurs borderline de l'ovaire et de tous cancers ovariens confondus étaient significativement plus élevés dans le groupe FIV, après ajustement pour l'âge, la parité et les causes de subfertilité (hazard ratio [HR] = 4,23 ; IC à 95 % : 1,25-14,33 et HR=2,14 ; IC à 95 % : 1,07-4,25 respectivement).

 

En conclusion, les résultats de cette étude montrent que les stimulations ovariennes dans le cadre d'une FIV pourraient augmenter le risque de tumeur maligne de l'ovaire et plus particulièrement des tumeurs borderline. Cependant, ces résultats concernent les protocoles de traitements utilisés avant 1995, c'est à dire avant l'adoption de régimes plus légers de stimulation. Il est important que les femmes qui ont recours à la FIV soient informées des risques qu'elles courent. Dans ce contexte, les larges études de cohortes sont nécessaires pour confirmer ou infirmer les résultats de cette étude, déterminer le rôle de différents types de traitement et en analyser les effets dose - réponse.

  

Réf : van Leeuwen FE et coll. : Risk of borderline and invasive ovarian tumours after ovarian stimulation for in vitro fertilization in a large Dutch cohort. Hum Reprod., 2011; 26: 3456-65.

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