L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Combien faudra-t-il de morts pour qu’on retire l’Actos de la circulation ?

Publié par Sylvie Simon sur 1 Avril 2011, 11:44am

Catégories : #Produits à risques - contestés - retirés

28286L'EMA a recommandé la suspension de la vente de l'Avandia®, dans l'UE, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein et l'agence française des produits de santé a enfin demandé aux médecins français d'en arrêter la prescription. Aux États-Unis, la FDA a choisi de restreindre très sévèrement l'usage de l'antidiabétique, sans toutefois l'interdire totalement. Elle a limité sa prescription aux seuls patients souffrant de diabète dit de type 2 qui ne peuvent pas contrôler leur maladie avec les autres antidiabétiques existants.

Actuellement, GlaxoSmithKline doit faire face à plus de 13 000 mille procès, et a déjà payé 460 millions de dollars. La firme est aussi condamnée à payer près de trois milliards et demi de dollars pour les dépenses engagées et les frais de Justice

bxp37991Cet antidiabétique oral était considéré depuis longtemps comme susceptible de provoquer des infections respiratoires, des maux de tête, des troubles hépatiques, de l’anémie, une prise de poids et, dans certains cas très rares, des problèmes de vision et de fractures d'os chez les femmes. Et en juin 2007, une étude parue dans le NEJM indiquait que l'Avandia® augmentait de 43 % le risque d'infarctus du myocarde et de mortalité d'origine cardiovasculaire.

Il aura donc fallu plus de trois ans pour que ce poison soit retiré du marché.

Mais un poison de remplacement, l’Actos®, est toujours commercialisé à un prix élevé, et il reste remboursé à 65 %, en dépit d'une efficacité jugée « faible » par la Haute Autorité de santé et de risques cardiovasculaires  importants. Sans compter qu’une suspicion d’augmentation du cancer de la vessie plane sur ce produit.

L’Actos®, également à base de glitazone, appartient à la même classe pharmacologique qu'Avandia®, et le laboratoire fabriquant, Takeda, a réalisé une étude sur cinq ans visant à analyser la relation entre Actos® et le cancer de la vessie, et a déclaré qu’il n'apparaît pas d'association statistiquement significative entre l’utilisation du médicament et l’augmentation du risque de cancer de la vessie, dont la prévalence est estimée à 20 pour 100 000 personnes par an et semble être plus élevée dans la population des personnes diabétiques.

Mais le grand public doit à présent savoir que les études menées par les fabricants d’un produit sont peu valables. En effet, un risque accru de cancer de la vessie a bien été observé chez les patients ayant eu la plus longue « exposition » au médicament, ainsi que chez ceux exposés à la dose maximale cumulée.

Il n’existe aucune raison de penser qu’Actos® puisse être moins nocif qu’Avandia®, et toute la classe des glitazones devraient être interdite, avant d’avoir causé de nombreux accidents, souvent mortels.

Notre ministère de sa Santé va-t-il attendre un nouveau scandale pour retirer du marché un médicament non seulement dangereux mais d'une efficacité jugée « faible » par la Haute Autorité de santé ?

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