L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Bisphénol A et perturbation endocrinienne : l’ANSES doit garder le cap !

Publié par Sylvie Simon sur 14 Juillet 2012, 10:18am

Catégories : #Info - Désinfo - Alerte Danger

 

 

 

Communiqué de presse (12 juillet 2012) – BPA : L’ANSES doit garder le cap !



Bisphénol A et perturbation endocrinienne : l’ANSES doit garder le cap !

 

Paris, le 12 juillet 2012 ,
A l’occasion de la publication de sa veille scientifique trimestrielle sur le BPA, le Réseau Environnement Santé appelle l’Anses à accélérer ses travaux sur les risques et la substitution de cette substance dangereuse.
Le RES publie aujourd’hui ses deux derniers bulletins de veille scientifique trimestriels sur les effets toxiques et écotoxiques du Bisphénol A[1] . Ces veilles sont envoyées systématiquement depuis 3 ans aux ministères et agences concernés ainsi qu’à tous les groupes parlementaires pour stimuler le débat et l’action réglementaire sur les perturbateurs endocriniens. Entre octobre 2011 et mars 2012, le nombre de travaux scientifiques sur le BPA a littéralement explosé, passant de 193 études sanitaires à 271[2] (+40%) dont 94% concluent à des effets toxiques sur l’homme ou des animaux de laboratoire. Outre la confirmation de liens entre les niveaux d’exposition courants au BPA et le développement de pathologies métaboliques (diabète-obésité en particulier), l’importance de la contribution des usages en conserverie alimentaire dans l’exposition humaine est de nouveau soulignée, ainsi d’ailleurs que la dimension « inégalités sociales » de cette voie d’exposition.

Depuis mars 2012, le rythme de publication ne faiblit pas : la plus remarquable est une étude publiée dans la revue Endocrinology[3] , mettant en évidence le caractère transgénérationnel des troubles du comportement induits chez la souris par le BPA à des niveaux d’exposition très faibles, comparables aux concentrations de BPA retrouvées dans la population ; les effets se transmettaient jusqu’à la 4eme génération alors que seuls la lignée parente était exposée.
L’Anses a publié son rapport sur les effets du BPA en septembre dernier et l’assemblée nationale a votée dans la foulée, le 12 octobre, l’interdiction de cette substance dans les contenants alimentaires. « Le rapport de l’Anses et le vote des députés ont eu une répercussion d’ampleur internationale » commente Yannick Vicaire, chargé de mission au RES « mais depuis 8 mois, il ne se passe plus rien. La loi n’est toujours pas passée au Sénat et l’Anses n’a toujours pas proposé une révision de la Dose Journalière Admissible actuelle dont elle reconnait qu’elle ne protège pas la population ». Pas non plus d’avancées sur les autres expositions au BPA, par voie alimentaire (adduction et stockage d’eau potable, cuves alimentaires, petit électroménager) ou autres (papiers thermiques, dispositifs médicaux, etc.), ni sur les alternatives disponibles que, six mois après la clôture d’une consultation publique, l’Anses n’a su que recenser sans se prononcer[4]. « Le RES a effectué et publié le même inventaire début 2011. Comme dans tout processus de substitution, c’est à la loi et à l’intérêt général, que constitue la protection de la santé publique, de formater le marché et stimuler l’innovation. Si la loi suscite des débats sur la sûreté des alternatives déjà commercialisées ou l’organisation des filières agro-alimentaires, cela constituera aussi un résultat positif ! » conclut Yannick Vicaire.

Le RES invite instamment le gouvernement à inscrire le vote de la loi BPA à l’agenda du Sénat pour son adoption rapide, à préparer son extension à d’autres sources d’exposition prioritaires, et pour ce faire à accélérer le calendrier des travaux de l’Anses, sans autre considération que la protection sanitaire et environnementale. Au-delà du BPA, c’est l’ensemble des perturbateurs endocriniens qu’il faudra maîtriser pour mettre un terme à leur contribution aux épidémies de maladies chroniques qui frappent notre société et grèvent le bilan de notre système d’assurance maladie.

 

[2]. sans compter les études d’imprégnation, d’expositions ou les travaux purement méthodologiques
[4]. Bisphénol A : L’Anses publie les résultats de sa consultation publique http://www.anses.fr/PMGC009C01.htm

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