L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Big Pharma veut prendre le marché brésilien

Publié par Agnès Amador sur 4 Décembre 2010, 17:50pm

Catégories : #Dérives Science- Laboratoires

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Les risques de l’industrie pharmaceutique au Brésil

La mise prochaine sur le marché du vaccin contre la dengue (élaboré principalement par les groupes pharmaceutiques Sanofi-aventis et GlaxoSmithKline) est un axe majeur d’implantation dans les pays en voie de développement ou nouvellement développés comme  le Brésil (un des plus touchés par le virus de la dengue) et certains pays d’Afrique. Cependant, il comporte de nombreux risques. 
En effet, le virus de la dengue atteindrait plus de 50 millions de personnes chaque année selon les statistiques de l’OMS et laisserait donc entrevoir un marché  « juteux » pour ces entreprises pharmaceutiques. Si la vente des vaccins apparaît vraiment très prometteuse pour l’industrie pharmaceutique occidentale, celle-ci devra pour rester compétitive faire face à la volonté d’émancipation de ces pays et plus particulièrement celle du Brésil et de l’Inde.

Les opposants aux industries pharmaceutiques ont largement entamé leur plan d’action. D’une part, se trouve la stratégie d’éradication des moustiques adoptée par les pays comme le Japon (via l’un des plus grand distributeurs mondial de pesticides, Sumitomo avec Valent Biosciences). On décèle également la présence des promoteurs de la culture de plantes transgéniques résistantes aux moustiques comme aux Etats-Unis (Monsanto). D’autre part, certains pays nouvellement développés comme le Brésil et l’Inde, trouvent dans l’industrie des génériqueurs (médicaments fabriqués après expiration du brevet ou sans brevet) un moyen de contournement pour produire les médicaments dont ils ont besoin. Ces pays ne vont pas hésiter à intervenir au près de l’Organisation Mondiale de la Santé. 
La montée en puissance du Brésil qui, fort de sa croissance et à l’essor de son agriculture et de ses exportations, va fortement inciter les pays occidentaux (comme la France ou les Etats-Unis) à céder une partie de leur avance dans le domaine pharmaceutique. Les pays en voie de développement désormais en position de force, vont obliger les états détenant les brevets à assouplir leur politique en matière de propriété intellectuelle. 
Sous la pression de ces nouveaux acteurs, l’industrie pharmaceutique occidentale se retrouve alors régulièrement en proie à des attaques informationnelles, signes manifestes de son affaiblissement.
C’est ainsi que les grands groupes pharmaceutiques Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline, pour développer le vaccin contre la dengue et pénétrer le marché brésilien, se voient contraints de s’accorder avec l’Institut Butantan (centre de recherche brésilien). De plus, le Brésil projette de produire ses vaccins à travers son Programme de Développement Productif (PDP) et de la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES) du Brésil qui va financer ses projets de production. Même si la France a une longueur d’avance en recherche et développement dans le domaine pharmaceutique (avec le vaccin de Sanofi) et a réussi à trouver un terrain d’entente économique avec le Brésil  dans le domaine agroalimentaire, elle doit rester très vigilante quand à la protection de ses brevets.
Un paysage de plus en plus complexe se dessine alors pour les entreprises occidentales du médicament qui vont devoir multiplier les partenariats publics et privés tout en étant détentrices de l’innovation dans un contexte international extrêmement tendu.

Agnès Amador

Source :  http://www.infoguerre.fr/category/industries-et-souverainete/

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