L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


Bébé médicament

Publié par Sylvie Simon sur 3 Mars 2011, 16:09pm

Catégories : #Dérives Science- Laboratoires

pr78919.jpgAutrefois, lorsque des parents perdaient un enfant malade ou que cet enfant pouvait rester handicapé, ils s’empressaient de donner le jour à un autre enfant sain qui perpétuerait la lignée et leur communiquerait sa joie de vivre. Quant à ceux qui ne pouvaient avoir d’enfants, ils s’en accommodaient tant bien que mal. De nos jours où la fécondité est en baisse, nombre de couples ont recours à l’insémination artificielle avec sperme du conjoint, ce qui peut être considéré comme un progrès.

Mais lorsque l’homme ne peut engendrer sa progéniture, on a recours à des « donneurs de sperme » anonymes et plus de 38 000 enfants sont nés sur le territoire français grâce à plus de 9 300 donneurs. Cette méthode engendre déjà bien des problèmes chez les enfants qui se demandent, pour la plupart, qui sont leurs pères génétiques. 

k0091105.jpgÀ présent, nos « Génies » de la génétique viennent de franchir un pas de plus dans « l’avancée de la science ». Le 11 février 2011, tous les médias parlaient de la naissance du premier « bébé médicament », un bébé médicalement conçu pour soigner un aîné souffrant d’une maladie grave et permettre ultérieurement une greffe de sang du cordon ombilical ou de moelle osseuse.

Cette pratique, autorisée par la loi de bioéthique de 2004, soulève de nombreuses interrogations sur les plans éthique, médical, politique et religieux et, par hasard, l'annonce de la naissance de ce premier « bébé-médicament » a été faite le jour où débutait la révision de la loi bioéthique à l'Assemblée nationale.

Cet exploit risque d’inciter certains parents à faire des demandes pour des maladies non mortelles mais très invalidantes de l'un de leurs enfants, ou même d’utiliser cette méthode pour avoir un contrôle sur les caractéristiques génétiques de leurs descendants.

L'association L'Alliance pour les droits de la vie a immédiatement réagi et prévu une manifestation aux abords de l'Assemblée nationale afin de « lancer un cri d'alerte spectaculaire » et « protéger la société des dérives eugéniques ».

montalcini1.jpgComme l’avouait déjà il y a plus de 15 ans dans Le Généraliste Rita Levi-Montalcini (prix Nobel de médecine en 1986 et actuellement plus que centenaire) : « La recherche est un milieu redoutable », d’autant plus redoutable que les divergences entre la science et l’éthique croissent à cause du profit qui transforme l’être humain en une marchandise que l’on peut exploiter, acheter, vendre ou même jeter suivant les besoins. Mais à présent, cette marchandise peut être brevetée dans certains cas, limités certes, mais que les généticiens cherchent à multiplier.

Avant de crier victoire, s’est-on inquiété des problèmes psychologiques qui se poseront pour l’enfant qui saura tôt ou tard que sa naissance n’est pas l’aboutissement de l’amour de ses parents et qu’il a été programmée afin d’être un médicament destiné à sauver un autre enfant de sa fratrie et un pourvoyeur d`organes en cas de nécessité. En somme, les parents auront rempli le rôle des laboratoires fabricants de médicaments. Grâce à « l’avancée de la science » faudra-t-il un jour breveter cet enfant ou lui donner une AMM ?

BLD056065.jpgIl est certain que ce « bébé-médicament » ne sera jamais un enfant comme les autres. Cette connotation de « médicament », même si on l’appelle différemment, lui rappellera toujours qu’il n’est que l'instrument de la guérison de son aîné, au mieux par un seul don et au pire par des dons tout au long de sa vie. Les relations avec ses parents, avec celui de sa fratrie qui lui devra la vie et aussi avec les autres seront altérés dès le départ, même si la famille l'aime sans arrière-pensée.

Lorsqu’on constate les dérives de la science actuelle, qu’elle concerne la sélection des embryons, la fécondation artificielle de tous les animaux qui créent actuellement sans se toucher, les OGM, et l’eugénisme (qu’on l’appelle ainsi ou autrement le problème est bien là) qui préside à ce progrès, il y a de quoi s’inquiéter.

Un autre problème dont personne ne parle concerne la pollution du fœtus. En effet, pour mettre en place cette nouvelle pratique, on doit recueillir le sang du cordon ombilical reliant l’enfant à sa mère, riche en cellules souches, qui donneront naissance aux cellules sanguines, lesquelles seront conservées pour une greffe ultérieure.

k0020002.jpgOr, les bébés actuels naissent avec un certain nombre de produits chimiques dans le corps. Une étude, réalisée en juillet 2005 aux États-Unis par l’Environmental Working Group sur la pollution du cordon ombilical des nouveau-nés par des produits chimiques montre que la situation est plus sérieuse qu’on ne le craignait. Cette ONG, déjà auteur d’une étude du même type sur l’adulte, a fait analyser le sang du cordon ombilical de 10 nouveau-nés entre septembre et août 2004 dans des hôpitaux américains. Ce sang a été prélevé à la naissance par la Croix Rouge, au moment où le cordon est coupé. On a trouvé 287 molécules chimiques dans le sang de ces bébés. Parmi elles, 180 sont cancérigènes chez l’homme ou l’animal, 217 sont toxiques pour le cerveau et le système nerveux et 208 peuvent provoquer, chez l’animal, des malformations à la naissance. Pour n’en citer que quelques unes, elles provenaient d’insecticides organochlorés interdits depuis plus de 30 ans, de PCB, PBDE retardateurs de flamme, dioxines, composés vraiment  utilisés dans la fabrication du téflon, des hydrocarbures, du mercure, et autres produits toxiques du même genre.

Le danger de cette exposition pré ou post-natale à ces toxiques carcinogènes, et neurotoxines n’a jamais été étudié, alors qu’il est vital de connaître leur impact sur la santé du futur être humain.

u11170748.jpgQuand nous qualifions certains chercheurs d’apprentis sorciers, le mot est bien faible pour désigner une vérité qui devrait inquiéter tout être humain raisonnable.

Pour en savoir plus (en anglais) : http://www.ewg.org/reports/bodyburden2/execsumm.php

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