L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon  (1927/2013)

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Révéler la désinformation et les mensonges en matière de santé et d'environnement et éveiller les consciences


OGM : Barroso veut que les OGM envahissent l'Europe

Publié par Sylvie Simon sur 3 Février 2011, 09:53am

Catégories : #OGM- Monsanto- Pesticides

5208833411_ac2775b306.jpgArticle paru dans le journal trimestriel Spirale n° 62 (Hiver 2010)

La controverse pour et anti OGM n’est pas récente mais elle devient de plus en plus préoccupante, car José Manuel Barroso est bien décidé à promouvoir les cultures d’OGM en Europe, à commencer par le maïs MON810.

L’argument principal de président de la Commission de Bruxelles est la stricte application des règles de la libre concurrence, et son dernier souci semble être les possibles conséquences à long terme des OGM sur l'environnement. Il est certain que ses conseillers scientifiques défendent les intérêts de Monsanto plutôt que ceux de la Terre et de la santé des populations, dont les trois quart réclament un moratoire sur les OGM.

Le MON 810, ce maïs de Monsanto qui a obtenu une autorisation de culture en Europe dans les pays n'ayant pas pris de clause de sauvegarde il y a dix ans, doit faire l'objet d'une réévaluation. Or, l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a rendu un avis favorable sur la demande de renouvellement de l’autorisation du MON 810. Heureusement, parmi les états membres, la France, l’Autriche, la Hongrie, le Luxembourg, l’Allemagne et la Grèce interdisent la culture du MON 810 sur leur territoire en raison de risques environnementaux. Les ministres de l’Environnement de l’Union européenne se sont, à une très large majorité, opposés le 2 mars dernier aux propositions de la Commission obligeant l’Autriche et la Hongrie à lever ces clauses.

5269289734_198a1c80d9.jpgSi l’Aesa donne un avis positif et renouvelle pour dix ans l'autorisation de mise sur le marché du MON810, la France ne pourra plus invoquer la clause de sauvegarde. En effet, selon son article 1, celle-ci n'est valide que « jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la demande de remise sur le marché ».

Les opposants aux OGM ont réclamé la démission de la Hongroise Diána Bánáti, présidente du conseil d’administration de l’Aesa, qui réfute systématiquement les critiques des scientifiques et des associations de défense de l’environnement. Diána Bánáti a été élue présidente de l’Agence européenne de sécurité alimentaire en 2008, puis réélue en juillet 2010. José Bové, eurodéputé vert et vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, l’accuse d’avoir dissimulé qu’elle avait été membre du comité des directeurs de la branche européenne de l’Ilsi (International Life Science Institute), le « lobby de l’agrobusiness » et d’avoir juré aux députés européens qu’elle « n’a jamais été approchée par des lobbyistes ».

En résumé, l’Aesa est principalement constituée de personnalités favorables aux OGM dont certaines appartiennent au lobby industriel, Monsanto, Syngenta, Bayer, BASF ou autres. Il est évident que cet organisme ne peut rester indépendant dans le domaine agro-alimentaire, et ne fait que répéter les données fournies par ses membres.

En décembre 2009, le Comité économique, éthique et social du HCB (Haut conseil des biotechnologies), dont le rôle est d'informer le gouvernement français sur ces questions, déclarait que la culture du maïs MON810 (108 000 hectares actuellement) présentait plus d'inconvénients que d'avantages. Mais, quelques semaines plus tard, après la publication d'une étude menée par l'équipe du Pr Gilles-Eric Séralini, de l'Université de Caen, le Comité scientifique du HCB indiquait qu'il était sans danger, car cette étude contradictoire « n'apporte aucun élément scientifique recevable susceptible d'imputer aux trois OGM ré-analysés une quelconque toxicité hématologique, hépatique ou rénale ».

Or, pour les scientifiques qui les ont examinés pendant plusieurs années, les trois maïs OGM de Monsanto présentent de réels dangers. Le NK603 est résistant à un herbicide, les deux autres, MON810 et MON863, produisent une protéine insecticide. Tous les trois sont présents dans les produits alimentaires consommés en Europe, et selon l'étude, les rats nourris avec ces plantes pendant 90 jours montrent notamment des dysfonctionnements au niveau des reins et du foie, les organes qui généralement réagissent à une intoxication alimentaire chimique.

4458288770_7c3a7d2a84.jpgCette analyse indépendante a été menée par l’équipe de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen et co-directeur du Pôle pluridisciplinaire « Risques », spécialisé dans l’étude des effets des pesticides et OGM sur la santé. Le Pr Séralini et ses collègues ont mené des contre-expertises de données fournies par Monsanto afin de justifier la commercialisation de ses trois maïs OGM, et ces travaux remettent en question la capacité de démontrer formellement leur innocuité. Contrairement aux analyses réalisées par Monsanto, forcément orientées, ces travaux de contre-expertises ont été soumis au processus d’évaluation critique par les pairs avant d’être publiés en 2007 et en 2009.

Gilles-Eric Séralini est professeur de biologie moléculaire et chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée (BFAI) de l'Université de Caen et co-directeur du Pôle Risques de l'Université de Caen1, associé au CNRS. Il est également président du conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), expert depuis 1998 pour le gouvernement français, l'Union européenne et plus récemment pour le Canada et l'Inde.

Il est le premier à avoir réalisé des tests statistiques indépendants sur des produits de la firme Monsanto et a déjà prouvé que le maïs Monsanto MON 863 provoque des signes de toxicité hépatique et rénale chez les animaux qui en consomment : une augmentation de 20 à 40 % des graisses dans le sang des femelles, de 10 % du taux de sucre, et de la masse pondérale du foie et du corps. Les reins sont plus touchés chez les mâles, ce qui provoque une perte de poids. En novembre 2007, les experts financés par Monsanto ont avoué qu'ils n'avaient pas jugés ces effets graves parce qu'ils n'étaient pas identiques entre les mâles et les femelles. Des tests comparables ont mis en évidence des différences au niveau du foie et des reins avec le colza GT 73.

Ces travaux remettent ainsi en question la compétence et l'honnêteté de l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) de la CGB (Commission du génie biomoléculaire) et de la FDA (Food and Drug Administration) qui ont  accepté ces OGM sans refaire ce genre de travail. En 2003, à maintes reprises, la Commission du génie biomoléculaire a refusé de rendre public les comptes-rendus détaillés des réunions d’évaluation des OGM destinés à être commercialisés en Europe.

jpg_GillesEricSeralini.jpgAussi, les travaux de Gilles-Eric Séralini ont-ils provoqué de vives réactions de Monsanto, de l’Efsa et de plusieurs autres organismes de contrôle et d’évaluation des OGM à travers le monde. Mais depuis quelques semaines, le Pr Séralini est également la cible d’attaques violentes d’une partie de la communauté scientifique, en particulier de l’AFBV (Association Française des Biotechnologies Végétales), qui regroupe nombre de scientifiques convaincus « de l’intérêt des biotechnologies végétales pour notre pays, en particulier pour développer une agriculture durable ».

Photos-4741-f81f9.jpgCette ONG est présidée par Marc Fellous, professeur émérite de génétique humaine (Université Denis Diderot, Institut Cochin, Inserm), ancien président de la Commission du génie biomoléculaire qui fut chargée d’évaluer les des risques liés aux OGM par les ministères de l'agriculture et de l'environnement avant le Grenelle de l’Environnement. Elle est  parrainée par des chercheurs comme Claude Allègre et Axel Kahn, et présidée par Marc Fellous, professeur de génétique à l'Université Paris 7, chef de l’Unité d’immunogénétique humaine à l’Institut Pasteur, et ancien président de la Commission du Génie Biomoléculaire

Le Pr Fellous est l'auteur d'ouvrages de vulgarisation sur les OGM, et l'un des sept initiateurs du communiqué contre le moratoire sur le maïs résistant à la pyrale destiné à souligner l'absence de motivations scientifiques de cette décision.

A plusieurs reprises l’AFBV a essayé de jeter le discrédit sur les travaux du Pr Séralini. Ainsi, le 14 décembre 2009, l’Association a déclaré que « les travaux de G.E. Séralini ont toujours été invalidés par la communauté scientifique », ce qui est un mensonge car ses travaux ont été publiés dans des revues internationales à comité de lecture et aucun n’a jamais fait l’objet d’une invalidation.


Mais le 21 janvier 2010, cette hargne a pris des proportions démesurées lorsque le Magazine de la santé de France 5 a fait appel à Gilles-Eric Seralini pour l’émission « Les OGM une menace pour la santé ? » Le 26 janvier,  l’AFBV écrivait à la direction de France 5, se déclarant scandalisée que l’émission « s’appuie sur les seuls propos d’activistes opposés aux OGM, comme G.E. Séralini, chercheur avant tout militant anti-OGM ». Elle déplorait qu’une chaîne de télévision publique se fasse la porte-parole à la solde d’un « marchand de peurs » et « scientifique non reconnu » et demandait que « l’AFBV puisse à son tour s’exprimer sur France 5, en aucun cas dans un esprit polémique mais pour donner son point de vue toujours étayé sur une base scientifique. » L’AFBV est bien mal placée pour parler de bases scientifiques, étant donné les nombreuses mises en garde de scientifiques contre les OGM. Il est vrai que, la plupart du temps leurs travaux ont été dénigrés et occultés par ces individus qui évoquent l’impartialité.  

logo_csa.gifLe 28 janvier, soit deux jours plus tard, l’AFBV envoyait un courrier au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), accusant l’émission Santé Magazine du 21 janvier 2010 d’avoir adopté « un parti-pris militant clairement exprimé contre les OGM ».  

Excédé par ces attaques extrêmement violentes du Pr Fellous qui essaie de le discréditer auprès des services publics et de ses étudiants, et va jusqu’à remettre en question les conditions mêmes de ses travaux de recherche (position académique, financements), Gilles-Eric Séralini a décidé à porter plainte, soutenu dans cette démarche par d’autres chercheurs qui, à l’instar de Christian Vélot, ont eux aussi subi des pressions de la part du lobby OGM.


Pour Générations Futures (ex-MDRGF) ces attaques contre Gilles-Eric Séralini sont honteuses et indignes : « Notre association soutient sans réserve l'action du Professeur G. Séralini. Le débat sur les OGM est un débat crucial qui doit être mené dans le respect de chacun, il ne peut se satisfaire de propos outranciers et sans nuance de certains scientistes vouant un culte aux OGM. La régression environnementale, que pourrait engendrer le développement anarchique des biotechnologies dans le domaine agro-alimentaire, doit être prise en compte à la hauteur des enjeux planétaires que le choix (ou non choix) de recourir à ces technologies implique ». 

2926529794_6b05fb4c06.jpgà son tour, CAP21, le mouvement écologique de Corinne Lepage a apporté son plein et entier soutien à Gilles-Eric Séralini : « Nous renouvelons les propositions d’instaurer un véritable statut de protection des lanceurs d’alerte et de créer une Haute autorité de l’expertise en sécurité sanitaire et environnementale dont une des missions serait de renouveler les règles de l’expertise par l’élaboration d’un code de déontologie. Le débat contradictoire est indispensable dans le processus de l’expertise et la France doit se donner les moyens d’une politique ambitieuse tant dans l’intérêt de l’innovation que de celui de la protection de la santé humaine et de l’environnement. »

Deux autres associations ont lancé une pétition de soutien au Pr Seralini. Il s’agit de la « Fondation Sciences Citoyennes », dont le président est Jacques Testart, et qui travaille à une réappropriation citoyenne et démocratique de la science et de la technique afin de les mettre au service du bien commun en réunissant des chercheurs scientifiques critiques et des « profanes », et le « Réseau Européen des Chercheurs pour la Responsabilité Sociale et Environnementale », dont la présidente est Angelika Hilbeck du Geobotanical Institute de Suisse et le vice-président Christian Vélot « pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire ».

Ce procès en diffamation a eu lieu le 23 novembre à 13h30 au Tribunal de Grande Instance de Paris.

L’accusation a nié tout préjudice porté à Gilles-Eric Seralini, et a demandé qu’il soit condamné à payer 10 000 euros, dont 6 000 pour les frais d’avocat et 4 000 pour dommages à la réputation de Marc Fellous.

Contrairement à son attente, le 18 jan 2011, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a estimé que l'imputation faite à Gilles-Eric Séralini « d'avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l'égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux » était bien diffamatoire. Pour le tribunal, Marc Fellous a « manqué

de prudence » en tenant de tels propos et c’est lui qui a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé le professeur Séralini en affirmant que ses recherches étaient financées par Greenpeace. à ce titre, Marc Fellous a été condamné à 1 000 euros d'amende (avec sursis), et à verser un euro de dommages et intérêts à Gilles-Eric Séralini.

Cette affaire s’est ainsi bien terminé, mais elle nous rappelle qu’il y a plus de 12 ans, le Dr Arpad Pustzai a eu beaucoup moins de chance. Cette sommité mondiale dans le domaine du transgénique est devenu un paria du jour au lendemain parce qu’il a osé révéler, au cours d’une émission à la télévision britannique, que le système immunitaire des rats nourris avec des pommes de terre génétiquement modifiées s’en trouvait endommagé et que leurs organes avaient diminué de taille. Cet éminent savant fut renvoyé du Rowett Institute d’Aberdeen, comme un vulgaire malfaiteur.

Mais le 7 juillet 2003, le Daily Mail a révélé que le Dr Arpad Pustzai avait été victime de manœuvres au plus haut niveau politique. Le journal dévoilait ainsi une collusion entre certains membres du gouvernement britannique et les compagnies de biotechnologie qui dépensent des milliards pour contrecarrer l’opposition publique aux OGM.
1574R-010059.jpgMonsanto a récidivé en 2004, avec le Dr Ignacio Chapela, professeur de biologie à l’université de Berkeley. Ce chercheur très populaire et respecté a commis un crime de lèse-majesté en publiant, dans le journal Nature, un article critiquant la contamination d’une variété rare de maïs mexicain par du maïs transgénique. Avec son collègue le Dr Quist, Chapela a découvert des séquences d’ADN génétiquement modifiées dans le génome du mais cultivé au cœur de la région où il a été récolté pour la première fois. Lorsqu’ils ont publié leur découverte dans Nature, le prestigieux journal scientifique britannique, leur publication a déclenché une tempête dans le milieu scientifique, troublant la sérénité des géants de l’agriculture transgénique dont les OGM patentés ont envahi le monde en générant des profits consistants mais en stérilisant la planète.
Malgré l’intervention de 32 collègues, 145 professeurs d’université et 174 autres personnes, balayé comme un fêtu de paille, le Dr Ignacio Chapela a dû vider les lieux le 31 décembre 2004, dans les mêmes conditions que le Pr Pustzai quelques années plus tôt.
 On peut ainsi constater que Gilles-Eric Séralini subit les mêmes attaques que ses prédécesseurs et qu’il est dangereux de s’attaquer aux géants de l’industrie OGM.
La firme Monsanto sait bien comment museler la vraie science indépendante qui se réduit comme la peau de chagrin, laissant la place à une science sans conscience, asservie au pouvoir de l’argent. La pollution OGM mondiale a donc de beaux jours devant elle et va pouvoir accélérer encore la disparition actuelle de 2 000 espèces de plantes par an. D’autant que l’usage de semences manipulées génétiquement a conduit à une utilisation accrue des pesticides, comme l’a révélé un nouveau rapport américain.

N’oublions pas que Claude Allègre déclare à qui veut l’entendre que « le développement des OGM permettra aux plantes de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais », ce qui est exactement le contraire de ce qui se produit.

img060.jpgEn effet, à la suite de la Révolution verte en Inde qui a introduit la culture des OGM, les sols sont à présent ravagés et stériles, et dans certaines régions, le niveau des nappes phréatiques a baissé dans des proportions dramatiques alors que dans d’autres, les terres, mal drainées, sont saturées d’eau. Et aucun rapport officiel n’a encore signalé l’exode rural massif de paysans ruinés qui se retrouvent chômeurs dans les villes, ni le suicide de 25 000 agriculteurs depuis dix ans, ni le déclin des rendements.

Un million et demi d’hectares seraient déjà dégradés. Si la tendance se poursuit, les rendements moyens par hectare vont continuer à décroître, tandis que les engrais, toujours plus nécessaires, feront monter les coûts de production. Une équation mortelle pour les petits paysans, qui possèdent plus de la moitié des 1,2 million de fermes du Pendjab. Plusieurs enquêtes ont montré que pour continuer à produire, la majorité des agriculteurs du Pendjab s’endettent à court terme à des taux d’intérêt très élevés. Et malgré les belles promesses, le coût de production augmente très rapidement. Celui de la tonne de blé qui est passé de 30 dollars en 1984-1985 à 80 dollars en 1997-1998 est à présent de 170 à 180 dollars.

Au moment des transactions, les vendeurs et représentants du gouvernement prétendaient que les semences OGM étaient 50 % plus chères, mais que le prix à payer était valable car il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleures plantes, sans parasites ni insectes, ce qui s’est rapidement révélé être un mensonge. En vérité, la différence des prix est stupéfiante : 100 grammes de semences OGM coûtent 15 euros, alors que pour la même somme ont peut acheter au moins 100 kilos de semences traditionnelles. Le prix est donc 1 000 fois plus élevé.

Toutefois, la firme Monsanto n’est pas toujours gagnante et nous ne pouvons que nous en réjouir. En effet, le 7 janvier 2005, BBC News annonçait que Monsanto avait été condamné à payer 1,5 million de dollars d’amende pour avoir proposé en 2002 la somme de 50 000 dollars à un membre influent du ministère de l’Environnement indonésien afin d’éviter des études sur l’impact environnemental de son coton transgénique. À cette époque, la compagnie devait affronter une ferme opposition des fermiers locaux qui menaient une campagne contre son projet d’introduction de coton OGM dans le pays. Le pot-de-vin aurait été déguisé en « frais de consultant ».
Monsanto a aussi admis avoir payé des pots-de-vin à un certain nombre de personnages officiels importants entre 1997 et 2002 et a dû répondre devant le ministère de la Justice américain et la SEC (Securities and Exchange Commission) d’accusations à la fois civiles et pénales. « Les compagnies pharmaceutiques ne peuvent acheter des traitements de faveur de la part d’officiels étrangers », a déclaré Christopher Wray, assistant attorney général des États-Unis. Monsanto a également payé 500 000 dollars d’amende à la SEC pour versement de pots-de-vin et autres violations de la loi. Une bagatelle pour ce géant de l’industrie OGM, le plus puissant du monde.

La firme Monsanto est le plus grand pollueur de la Planète, principal producteur de PCB, polluant organique aujourd'hui interdit, d'hormones de croissances bovine et laitière à présent interdites en Europe, et experte dans le domaine de la destruction massive car elle est responsable du génocide commis par le monstrueux Agent Orange puissant cancérigène utilisé pendant la guerre du Viêt-nam. Près de trois millions de Vietnamiens en subissent encore les séquelles, et, depuis trente-cinq ans, ils n’ont reçu aucun dédommagement. La firme a été condamnée à de nombreuses reprises, entre autres pour pots de vin, mensonges et corruption.

Et ce sont ses comparses qui osent porter plainte contre des lanceurs d’alerte plus conscients que d’autres des risques que cette course aux bénéfices fait courir à l’humanité. Il est grand temps de revenir à l’éthique scientifique, bien absente chez certains scientistes, si l’on désire vraiment laisser une Planète propre à nos enfants. 

 

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